mercredi 9 septembre 2009

Chapitre VI : Internationalisation des Echanges et Mondialisation

  • I - Echanges internationaux et stratégies internationales des entreprises
  • A- L'expansion des échanges internationaux
  • 1) L'ouverture croissante des économies

cf doc 1p286

Il existe une corrélation positive entre croissance économique et commerce international. Cpdt, les exportations ont augmenté à un rythme + de 3 fois supérieur à celui du PIB mondial. Cette différence de rythme peut être interprétée de la manière suivante : l'ouverture internationale des économies permet de soutenir et de stimuler la croissance économique. De même, l'internationalisation des échanges ne peut se réaliser que dans un contexte de croissance économique.

Vocabulaire du commerce extérieur :

  • Solde extérieur = Différence entre exportation et importation
  • Taux de couverture = ( Exp / Imp ) x 100 : Le but est de savoir si le montant des exportations est suffisant pour financer les importations ( taux de couverture est supérieur à 100 )
  • Taux de pénétration étrangère = ( Imp / PIB ) x 100 : Ce taux permet de mesurer la dépendance d'un pays aux imporations. A.dit, + ce taux est important, + le payx dépend de l'étranger pour satisfaire les besoins de sa population.
  • Taux de couverture = [((exp+imp)/PIB) / 2 ] x 100 : Ce taux permet de mesurer la place d'un pays dans le commerce international. Cette place dépend de la taille du marché intérieur et de la position géographique du pays.

  • 2 ) La nature des produits échangés

En 2005, les exp. mondiales de produits manufacturés représentent environ 16% du PIB, le % le + important de toutes les exportations. Ce sont également ces produits qui connaissent la plus forte évolution depuis 1965. Les services ne sont comptabilisés dans le commerce international (C.I) que depuis les années 1980 car auparavant, leur place était trop insignifiantes. Elle représentait 5,4% du PIB mondial en 2005 et elle représente environ 9% en 2009, ce qui signifie que leur progression est très rapide.

Les exp. de combustibles sont très irrégulières et dépendent de l'évolution de la croissance économique mondiale. Depuis le début des années 2000, ces exportations ne cessent de croître en raison de l'émergence des NPI (Chine & Inde). Les produits agricoles voient leurs exp. mondiales déclinées. Ils ne représentent qu'environ 2% des exportations mondiales en % du PIB et pourtant ils restent un enjeu majeur des négociations internationales.

Conclusion : Les exportations de produits manufacturés restent les plus importantes mais les exp. de service évoluent très rapidement. Quels sont ces services qui s'exportent ? Quelle est la raison de cette évolution?

Types de services exportables :

  • Services qui peuvent franchir les frontitères : ex: Programme TV + conseil et parfois gestion bancaire
  • Le consommateur étranger franchit les frontières pour avoir accès aux services. Ex: Santé + tourisme
  • L'établissement ou l'unité de production se déplace à l'étranger pour rendre le service. Ex : Supermachés
  • Le prestataire de service se déplace à l'étranger. Ex : Travailleurs émigrés dans le secteur des services.

Les raisons du développement des exportations de services sont les suivantes :

  • La croissance du revenu mondial qui se traduit par une augmentation de la consommation des biens "supérieurs" (Cf 3ème loi d'Engel)
  • L'aboliton progressive des frontières grâce notamment au développement des nouvelles technologies.

Les échanges entre pays industrialisés portent de + en + sur des échanges intrabranches de produits différenciés. En effet, dans les PDEM, les modes de vie et les modes de consommation se rapprochent. Les entreprises vont donc chercher à se spécialiser dans une production spécifique à un segment de clientèle. Par ex, dans une logique de différenciation horizontale, les entreprise du secteur automobile vont se spécialiser dans différents niveau de gamme. Dans une logique de différenciation verticales, les entreprises vont jouer sur le type de produit et la qualité du réseau de distribution selon les pays.

Synthèse : Le C.I évolue + rapidement que la production mondiale. En effet, la croissance mondiale dépend des importations et des exportations de produits. Même si les produits manufacturés sont les + exportés, l'évolution des services est très rapide depuis les années 1980. Concernant la nature des produits exportés, on remarque que les stratègies de différenciation horizontale et verticales privilégient les échanges intrabranches.

  • 3) La division internationale du travail ( DIT )

Division internationale du travail = Correspond à la répartition de la production mondiale entre chaque pays ou groupe de pays selon la compétitivité de chaque pays.

Cette division internationale du travail explique la répartition de la richesse à l'échelle mondiale. Elle permet de comprendre les rapports entre PDEM et PED. Cpdt, cette DIT connaît de profonds bouleversements depuis une décennie.

Les pays se regroupent de plus en plus en zones économique intégrées. La création de ces zones répond à un double objectif :

  1. Favoriser le libre échange entre les pays membres
  2. Favoriser le commerce intrazone pprt aux pays extérieurs.

Dans ce contexte, la création de ces zones renforce la DIT. En effet, chaque zone va tenter de valoriser ses sources de compétitivité.

Compétitivité = Capacité pour une entreprise de susciter une demande pour les produits qu'elle vend.

Compétitivité-prix = Possibilité de proposer des prix de ventes à la concurrence grâce à une réduction des coûts de production.

Compétitivité produit/hors-prix/structurelle = Possibilité de vendre des produits différents pprt à la concurrence, soit dans le cadre d'une différenciation horizontale qui consiste à offrir une grande variété de produits pour une même gamme, soit une différenciation verticale qui consiste à proposer des produits de qualité différente.

Le commerce international est inégalement réparti entre les pays : les PDEM occupent une part qui se situe entre 2/3 et 3/4 du Commerce mondial, les PED entre 1/6ème et 1/4 et les pays en transition qui occupent une part d'environ 1/10ème. On observe cepdt, une évolution majeure : la part croissance des NPI, notamment de la Chine et de l'Inde. Cette évolution favorise le commerce interne entre PED ou plutôt entre NPI, ce qui vient bouleverser la division internationale du travail.

  • B - La libéralisation des échanges
  • 1 ) L'encadrement du marché mondiale

cf doc 9 p 290

Libéralisation des échanges = Volonté politique d'abolir progressivement les barrières tarifaires et non tarifaires qui encadrent le commerce international.

Barrière tarifaire = droit de douane

Barrière non tarifaire = Imposition de norme sanitaire et/ou de sécurité ; quotas d'importation.

Depuis 1945, 3 instances internationales cherchent à armoniser le C.I et cherche à accompagner le développement économique mondial : le FMI, la BIRD (banque mondiale) et le GATT qui est devenu l'OMC.

FMI ( Fond monétaire international) 1944. Objectifs iniciaux : Accorder des crédits aux pays ayant un déficit extérieur pour éviter les tentations de repli sur soi comme dans les années 1930. Moyens : Fonds déposés par chaque pays membre en proportion de son importance dans le commerce international, ce qui détermine aussi le pouvoir de décision. Evolution : Depuis la fin du système de Bretton Woods, assistance aux pays en développement en contrepartie de programmes d'ajustement structurel d'inspiration libérale ( réduction des déficits, de la dépense publique, etc...)

Banque mondiale 1945. Objectifs iniciaux : Aider à la reconstruction d'après-guerre des pays du Nord et soutenir les projets de développement des pays du Sud. Moyens : Capital déposé par les pays membres du FMI qui le souhaitent et émissions d'obligations. Evolution : Après la cruse de la dette des PED dans les années 1980 : conditions de prêts de + en + restrictives, liées, elles aussi, à des politiques d'ajustements structurel ; mais affirmation récente de nouveaux objectifs de lutte contre la pauvreté.

GATT 1947 puis OMC 1995. Objectifs iniciaux : Orienter les échanges commerciaux entre pays vers l'application du libre-échange pour éviter le retour au protectionnisme des années 1930. Moyens : Simple accord provisoire entre pays reposant sur l'affirmation de principes d'ouverture progressive et de non-discrimination, consolidés lors de cycles de négociations commerciales multilatérales. Evolution : Avec la mise en place de l'OMC, la compétence veut s'étendre à l'agriculture

Le GATT crée en 1947 a connu son dernier cycle de négociations en 1994 car en 1995, le GATT est devenu l'OMC. A la différence du GATT, l'OMC dispose d'un organisme qui permet de régler les conflits entre les pays membres de l'OMC et qui permet d'appliquer des sanctions financières.

Les 5 principes du GATT :

  1. Si des conditions plus avantageuses sont signées avec un autre pays, elles s'appliquent automatiquemet aux signataires du GATT
  2. Chaque pays membre déclare un montant maximum des droits de douane applicables à chaque type de produit.
  3. Dès lors que les droits de douanes s'appliquant à un produit ont été payés, le produit importé est traité de la même façon que les produits locaux.
  4. Pas d'autres barrières que les droits de douane
  5. Tout pays obtenant une concession tarifaire doit la rendre en retour.

Ces 5 principes s'inscrivent dans une même philosophie : abaisser les droits de douane et armoniser les pratiques commerciales. Les différentes négociations ont permis de libéraliser le commerce de la plupart des biens et services sauf 2 : l'agriculture et la propriété intellectuelle.

Synthèse : Le GATT et l'OMC permettent donc de réguler le commerce international. Seulement 3 obstacles se dressent face à cette volonté de libéralisation :

  • le protectionnisme agricole européen et américain
  • l'armonisation des pratiques commerciales dans le domaine des services
  • les tentatives de replis protectionnistes en cas de récession économique.

  • 2 ) La persistance de pratiques protectionnistes

Les conséquences des subventions agricoles pour les pays du Sud : Sur le marché du coton, comme sur d'autres marchés agricoles, les E.U.A occupent une position dominante (environ 37% du marché mondial du coton) tandis que les autres pays producteurs et notamment les pays d'Afrique de l'ouest, ne peuvent s'imposer sur ce marché. Ce sont des price-takers tandis que les E.U.A sont des price-makers.

Subventions auprès des agriculteurs européens et américains ==> Revenus garantis ==> Augmentation de la productivité agricole américaine et européenne ==> Augmentation de la prod. mondiale ==> Offre supérieure à la demande ==> Baisse des cours mondiaux ==> Appauvrissement des producteurs du Sud

Synthèse : Ce protectionnisme déguisé a donc des conséquences négatives sur les prod. agricoles des pays du Sud. Dans les PDEM, cela va favoriser une culture intensive, nuisible à l'environnement. Cpdt, ces subventions ont des conséquences positives : le maintien du secteur agricol aux E.U.A et en Europe et par exemple, le maintien du monde rural en France.

La plupart des services s'inscrivent dans une relation de proximité entre le fournisseur de service et le client. C'est donc un obstacle à la libéralisation des services. En 1994, le GATS a été mis en place mais pour l'instant, certains services ont du mal à être libéralisés notamment en ce qui concerne la propriété intellectuelle. Dans l'Union Européenne, la directive Bolkestein, mise en place en 2006, visait à libéraliser les services au sein de l'Union mais cette directive a été rapidement limitée en raison des risques de dumping social entre pays européens. Désormais, un travailleur européen proposant des services doit respecter les normes nationales.

Le principal obstacle à la libéralisation des services repose sur le fait que les services répondent à des demandes spécifiques liées à des cultures nationales. Chaque pays définit des normes juridiques spécifiques comme dans le domaine de l'agriculture. Il s'agit d'un protectionnisme déguisé qui prend la forme de barrières non tarifaires.

Cf doc 14 p293

Le protectionnisme peut également s'illustrer à travers des appels au nationalisme concernant la production et la consommation. Les E.U.A pratiquent régulièrement ce genre de stratégies en cas de récession et lorsque l'emploi américain est menacé. Ce genre de pratique est d'autant plus efficace qu'elles ne sont pas condamnables par l'OMC car il ne s'agit ni de barrières tarifaires ni de barrières non tarifaires.

Synthèse : Le commerce international s'inscrit dans une volonté générale de libéraliser les échanges de biens et de services. Le GATT puis l'OMC ont permis une certaine armonisation internationale. Cpdt, cette volonté se heurte à 3 domaines qui privilégient une logique protectionniste : l'agriculture, les services et le nationnalisme commercial. Dans ce contexte, on peut se demander comment les entreprises s'inscrivent dans un contexte de mondialisation.

  • C - Les firmes transnationales, principales actrices de la mondialisation
  • 1 ) Internationalisation de la production

FTN ou FMN ( Firme multinationale ) = Entreprise qui possède ou contrôle au moins une filiale basée à l'étranger. Une filiale se définit comme une entreprise contrôlée par une entreprise pour un montant égal ou supérieur à 10% de son capital social.

Les entreprises grâce aux transformations dans les domaines du transport, de la télécommunication et de l'information peuvent désormais fragmentée leur production sur des sites de production sités dans différents pays. Cette division internationale du processus de production ( DIPP) permet de jouer sur les différentes spécialisation de chaque pays : coût de la main d'oeuvre (Chine) ; maîtrise technologique ( E.U.A ou Japon ) ; proximité des marchés solvables (Europe) ; proximité avec les sources de matières premières. De plus, cette DIPP permet de raccourcir les délais de production dans une logique toyotiste.

  • 2 ) Investissement direct à l'étranger ( IDE ) et échanges intrafirmes

IDE = C'est lorsqu'une entreprise possède au moins 10% du capital social d'une autre entreprise. Il s'agit donc d'une stratégie d'internationalisation de la production.

Investissement de porte-feuille = C'est lorsqu'une entreprise effectue un placement financier et spéculatif c-à-d qu'elle détient moins de 10% du capital social d'une autre entreprise.

En 2006, comme en 2001, les IDE sont majoritairement issus des pays développés et destinés aux PDEM. Cpdt, les PED, en particuliers les nouvelles économies dynamiques d'Asie, les pays d'Europe du sud-est et CEI attirent de + en + d'IDE, et sont aussi à l'origine d'une part croissante des IDE, cette dernière tendance reflétant ainsi l'émergence des FTN issues de ces pays. Certains PED, en particuliers ceux d'Afrique, restent à l'écart des flux d'IDE.

cf doc 22 p 298

Délocalisation = Fermeture d'une unité de production suivie d'une réouverture dans un autre pays.

Sous-traitance = Externalisation d'une partie de la production ou bien de services annexes à la production (comptabilité, ménage..). La sous-traitance est un contrat commercial entre entreprises.

Synthèse : Les IDE, le recours à la sous-traitance et les délocalisations participent à la DIPP des FMN. Cpdt, on peut se demander pour quelles raisons les entreprises vont chercher à réaliser des IDE et par extention à délocaliser.

  • 3 ) Les stratégies de localisation des IDE

Intro : cf doc 19 p 296

Ce doc. confirme le fait que les principaux pays de destinations des IDE sont les PDEM. Les PDEM étant également les principaux pays d'origine. On peut donc parler d'IDE croisés (de PDEM à PDEM ), ce qui signifie que la recherhce d'une baisse des coûts de production et des coûts salariaux en particulier n'est pas la seule motivation des FMN. En effet, il existe des IDE horizontaux et verticaux.

cf doc 20 p 296

Les IDE horizontaux concernent des IDE croisés car ils concernent des produits à chaîne de production courte, les principales motivations sont liées à la recherche de productivité et à l'extention des marchés.

Les IDE verticaux concernent des IDE de PDEM à PED, ils concernent des produits à chaînes de production longues. Les IDE verticaux cherchent à valoriser la spécialisation de chaque pays dans la DIPP afin de réduite les coûts de production.

  • a ) Le coût du travail pour une meilleure compétitivité-prix

cf doc 24 p 299

En 1998, le salaire moyen par tête aux E.U est 47,8 fois plus important que le salaire moyen chinois et la productivité du travailleur américain est 36,8 fois + importante que celle du chinois. Lorsqu'une entreprise effectue une IDE vers un pays à faible coût de main d'oeuvre comme la Chine, c'est dans une optique de recherche de compétitivité-prix. Cpdt, les différenciels de productivité entre PDEM et certains PED sont importants.

cf doc 25 p299

L'exemple du textile montre que les stratégies de délocalisations dépendent de la nature de la production. Dans le cas d'un produit standard et uniformisé, la production est facilement délocalisable et la recherche de compétitivité-prix est prioritaire (ex : Jeans wal-marts). Dans le cas d'une production de meilleure qualité ou + innovante, les stratégies de prod. vont être différentes. Par exemple, les jeans Lucky vont jouer sur la DIPP : décomposition de la prod. en fabriquant des composants, confection, découpe des modèles et assemblage final. Les délocalisations vont se faire en fonction de la spécialisation de chaque pays. Dans le cas des jeans Zara, la prod. est réunie à un même lieu de manière à produire le plus rapidement possible.

Synthèse : La recherche de la compétitivité-prix pousse certaines entreprises à effectuer des IDE et/ou à délocaliser afin de bénéficier d'une main-d'oeuvre moins chère afin de réfuire les coûts salariaux. Cpdt, un coût du travail faible peut cacher des inconvénients : la faible qualification des salariés peut poser des problèmes de qualité de la prod. et de manière générale des pbs de productivité. De même, il faut tenir compte du type de produit. La recherche d'un faible coût de main-d'oeuvre est justifiée dna sle cas d'un produit banalisé. Lorsque le produit est de meilleure qualité ou + innovant, c'est la recherche de la compétitivité-prix qui est valorisée.

  • b) La compétitivité structurelle passe par la R&D

Les activités de R&D sont situées dans les principaux PDEM et les principaux NPI. Ces pays d'accueil des IDE possèdent des infrastructures et des centres de recherche ( CNRS ) qui attirent des entreprises. Cette attractivité est renforcée par l'existence d'un vivier de chercheurs et les entreprises participent elles mêmes à cette R&D en formant directement une ellite de techniciens et ingénieurs. A.dit, la recherche de la compétitivité hors-prix est un autre facteur qui expliquent les IDE.

  • c) A la recherche d'une fiscalité plus avantageuse

Dans une recherche de compétitivité et surtout de rentabilité, les entreprises vont chercher à jouer sur les différents taux d'imposition ds chaque pays. Par exemple, au sein de l'Union Européenne, l'Irlande a attiré massivement les IDE grâce à un taux d'imposition de 12,5%, le plus faible de l'Union Européenne. Ces IDE en Irlande ont permis de soutenir l'emploi et la croissance. Cette fiscalité avantageuse a souvent été comparée à du "dumping social". Cpdt, aucune armonisation européenne n'a été mise en place. Toutefois, cette croissance irlandaise s'est révélée fragile car lors de la récession commencée en 2008; les entreprises ont cherché à réduire leurs coûts de transport, ont donc relocaliser leurs activités et l'Irlande a été un des pays européens les + touchés par ce phénomène.