mercredi 9 septembre 2009

Chapitre IV : Conflits et Mobilisations sociales

  • I - Mutations du travail et conflits sociaux
pb : La classe ouvrière a longtemps été considérée comme la classe sociale proteuse de changement social (Cf Marx). Comment a évolué cette classe sociale et comment définir désormais la classe populaire ? Les conflits du travail ont permis d'institutionnaliser les syndicats. Que devient la force deu syndicalisme dans une société en pleine mutation ?

  • A- Classes sociales et lutte des classes
  • 1) La classe ouvrière porteuse de revendication sociale ...

Grève : Interruption de la production décidée de manière individuelle ou collective, de manière spontanée ou concertée afin de faire aboutit des revendications professionnelles.

Les principales revendications portent sur les salaires et/ou les conditions de travail. Dans certaines entreprises, il existe des caisses de grève c-à-d des fonds qui permettent de verser aux salariés grévistes des sommes pour compenser dans une moindre mesure la perte de leur salaire. La grève peut être perçue comme un conflit de classe dans la mesure où l'enjeu du conflit porte sur la partage de la V.A entre salaire et profit, autrment dit, entre salariés et chef d'entreprise.L'économiste K.Marx considère d'ailleurs que le conflit est le moteur du changement social. Ce conflit est porté par la classe des prolétaires.

Def de la classe sociale chez Marx :

  1. La place dans un rapport de production : Dans le mode de production capitaliste, il existe classes sociales, ceux qui détiennent les moyens de production (la bourgeoisie) et ceux qui détiennent leur force de travail (prolétaire). Cette place, dans un raport de production, permet de définir la "classe en soi", ce qui signifie que les individus n'ont pas conscience de leur place dans ce rapport de production.
  2. La conscience de classe : Le rôle des cohalition ( 1er regroupement d'intérêts des ouvriers )et plus tard des syndicats est de faire cesser la concurrence entre les salariés et de leur faire prendre conscience de l'exploitation de la plus value. La plus value se définit comme la part du travail ouvrier qui n'est pas reverser sous forme de salaire. Cette exploitation de la plus value par la bourgeoisie détermine les rapports de classe. Lorsque le prolétariat prend conscience de cette exploitation, il va devenir une classe "pour soi" c-a-d qu'il va s'organiser pour lutter contre cette exploitation.
  3. Lutte des classes : Selon Marx, le capitalisme sera victime de ses contradictions (antagonisme entre 2 classes sociales ) et doit donc disparaître grâce à la révolution prolétarienne "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous" qui s'organise en 1864 autour de l'association internationale des travailleurs. Cette révolution va permettre le passage du mode de production capitaliste au mode de production socialiste qui signifie une centralisation de la production et de la consommation au niveau de l'état. A.dit, par le biais de l'état, les prolétaires deviennent propriétaires de leurs moyens de production.

synthèse : Cette analyse marxiste place la classe ouvrière au coer du conflit social et donc au coeur du changement social. A.dit, les conflits du travail animés par la classe ouvrière sont les vecteurs du changement social au sein d'une société industrielle. On peut cpdt se demande quelle est la place actuelle de la classe ouvrière dans ces mouvements sociaux ?

  • 2) ...mais une classe en déclin ?
  • a) Une classe sociale "éclatée"

==> Déclin numérique (doc 3p211)

indice : (VA/VD) x 100 = 0.63

Pour une base 100 en 1962, l'indice d'évolution de la PCS des ouvriers est de 63 en 2005, soit une évolution de -37 % ou bien une multiplication de 0.63.

En 1962, la PCS ouvrier était la plus nombreuse dans la population active. Dans les années 2000, elles représentent la 2ème PCS la plus importante derrière les employés.

==> Evolution qualitative : Par ailleurs, la structure de la PCS ouvrier a évoluée. on observe un déclin des ouvriers non qualifiés au profit des ouvriers qualifiés qui ont des niveaux de qualification et de rémunération plus importants. De même, les ouvriers appartiennent de moins en moins au secteur 2 et de plus en plus au secteur 3, ce qui modifie leur identité et leur repère économique. En effet, les gds bastions ouvriers ( sidérurgie, chantier, mines, construct° automobile..) ont fermé leurs portes depuis le début des années 1980 et avec eux, les gds foyers du syndicalisme ouvrier.

==> Evolution de l'influence politique : l'identité ouvrirère était concentrée autour du vote communiste. Depuis les années 1980, le vote ouvrier s'est profondemment modifié : déclin du vote communiste et hausse de l'extrême droite.

Ceci traduit un déclin du sentiment communautaire ouvrier et une montée d'un certain individualisme réaccionnaire. Par ailleurs, on peut parler de rupture générationnelle au sein du monde ouvrier car les jeunes ouvriers ne bénéficient plus de la même socialisation que leurs aînés : les syndicats, la vie de l'usine, le partie communiste, les clubs sportifs, etc...La classe ouvrière tend donc vers une moyennisation et une homogénéisation des modes de vies. Conformement à la thèse d'H.Mendras, la classe ouvrière tend à disparaître comme les autres classes sociales et dans une perspective marxiste, elle ne serait plus capable d'être le principal facteur de mobilisation sociale. Cela signifie t-il que la classe populaire a disparu ?

  • b) Vers une nouvelle classe populaire ?

Pb : Dans une définition marxiste, le prolétariat représente tous ceux qui vendent leur force de travail, à savoir les salariés c-à-d environ 90% de la population. Cpdt, si on considère le prolétariat comme la classe ouvrière, il représente 24 % de la pop.A. Si on définit le prolétariat comme la classe ouvrière, peut-on intégrer les ouvriers et les salariés dans la même classe sociale ?

(doc 7 p 213 ) Sur 100 ouvriers en 2002, 29 ont le sentiment d'appartenir aux classes moyennes.

Lorsque l'on étudie le sentiment d'appartenance de classe, les résultats peuvent être interprêtés de différentes manières :

  • Le sentiment d'appartenance à la classe moyenne est dominant toutes PCS confondues, ce qui est caractéristique d'une société où l'homogénéisation sociale devient la norme.
  • Le sentiment d'appartenance à la classe populaire chez les ouvriers est le plus important, ce qui révèle la persistance d'une culture de classe.
  • Chez les employés, le sentiment d'appartenance à la classe moyenne est plus important que le sentiment d'appartenance à la classe populaire alors que les conditions objectives d'existance de cette PCS traduisent plutôt une appartenance à une classe "dominée" (Cf Bourdieu. En effet, les employés présentent les caractéristiques socioéconomiques suivantes : métiers d'exécution, niveau moyen de qualification, suféminisation, précarité des statuts d'emploi, niveaux de rémunération faibles, domination économique, culturelle et sociales par les autres classes sociales (Cf Bourdieu).

  • B- Quelles relations entre mutation du travail et conflits du travail ?
  • 1 ) L'institutionnalisation des conflits

  • 1791 : Loi Le Chapelier interdisant les regroupements professionnels au nom de la liberté du travail
  • 1884 : Loi Waldeck-Rousseau autorisant la création de syndicats.
  • 1936 : Les conventions collectives négociées par les partenaires sociaux s'appliquent à toutes les entreprises d'une branche.
  • 1968 Accord de grenelle : Reconnaissance de la section syndicale d'entreprise et du délégué syndical.
  • 1982 : Elargissement des fonctions et attributions des délégués du personnel et des comités d'entreprise : droit d'expression sur le contenu et l'organisation du travail. Obligation de négocations au moins annuelles entre direction et représentants du personnel ( Lois Auroux )
  • 2003 : Possibilité de signature d'accords d'entreprise qui dérogent aux accords de la branche s'ils sont signés par un ou des syndicats majoritaires. Possibilité d'opposition juridique à un accord par un ou plusieurs syndicats majoritaires.

La reconnaissance syndicale s'est déroulée de manière progressive en France et ce tte évolution traduit globalement l'institutionnalisation des syndicats. En effet, au fil du temps, ils sont devenus un passage obligé de toutes négociations, que ce soit à l'échelle de l'entreprise, de la branche d'activité ou du pays.

Syndicat = Association de personnes dont le but est la défense et/ou la gestion des intérêts communs. Les syndicats professionnels portent leurs revendication sur les salaires et/ou les conditions de travail.

Fonctions :

  • Fonction de représentativité d'une entreprise ou d'une branche professionnelle
  • Interlocuteur incontournable de toute négociation
  • Organisateur de mouvement de contestation collective

Ces fonctions montrent que les syndicats sont perçus par les salariés, par le patronat et par l'état comme des acteurs de la paix sociale.

Panorama du syndicalisme français :

  • Les principaux syndicats représentent toutes les PCS
  • La représentativité des syndicats est assurée depuis 1966. Cpdt, les syndicats français présentent une double caractéristique : l'indépendance vis à vis des partis politiques et lorsqu'un syndicat négocie des avancées sociales, elles profitent à l'ensemble des salariés et pas seulement aux seuls syndiqués.
  • Les syndicats patronaux représentent toutes les formes de patronat en France et joue un rôle actif dans toutes les négociations.
  • Dans certains secteurs, les syndicats s'apparentent à des groupes de pression (lobbie) c-à-d qui cherchent à influencer les décisions de l'état. Ces secteurs sont principalement l'agriculture et la santé.

  • 2) La crise du syndicalisme

Les causes :

  • Causes économiques : 1) Précarisation de l'emploi ; 2) Augmentation du chômage : coût de la côtisation + image négative du syndiqué
  • Causes sociales : Paradoxe d'Olson : 1) Alors qu'un agent économique aurait intérêt à participer à l'action collective afin de défendre ses intérêts, il va choisir rationnellement de ne pas y participer car il ne souhaite pas suppoter le coût de sa participation ( perte de salaire) et pouvoir bénéficier des avantages de l'action collective des autres ==> Conséquences directes de la montée de l'individualisme / 2) Féminisation de la P.A : Taux de syndicalisation très faible des femmes car les préoccupations spécifiques aux femmes dans le monde professionnel sont : égalité des salaires H/F ; gestion de la vie domestique et professionnelle; harcèlement moral et sexuel; descrimination, etc...
  • Causes politiques : Depuis 1982 et les lois Auroux, les syndicats desposent d'une possibilité de négociations annuelles dans les entreprises entre les représentants syndicaux et le patronat. Les représentants syndicaux disposent d'une décharge de travail pour assurer leurs fonctions : cette institutionnalisation des syndicaux a coupé les délégués syndicaux de leurs bases professionnelles, les salariés se reconnaissent de moins en moins dans ce type de syndicalisme.

Conséquences :

  • Déclin régulier du taux de syndicalisation. Entre 1949 et 2005, le taux se synd. a été divisé par 3,5.
  • On observe un recul des journées individuelles non travaillées qui témoignent d'un déclin du conflit du travail sous forme de grève.

Synthèse : Cette crise du syndicalisme témoigne du fait que les mutations sociales et professionnelles ont des conséquences sur les conflits du travail. Cer derniers étaient symptomatiques d'une société industrielle où le partage de la V.A était une source d'opposition entre salariés et patronats. Selon le sociologue Alain Touraine, nous serions dans une société post-industrielle qui a totalement modifié les objets et les formes de l'action collective.

  • II - La diversification des objets et des formes de l'action collective
  • A - Les nouveaux enjeux
  • 1 ) Les nouveux objets de mobilisation collective
  • a ) Le mouvement altermondialiste

Mouvement altermondialiste = Il s'agit d'un mouvement qui cherche à humaniser le phénomène de mondialisation c-à-d à le rendre compatible avec une répartition équitable de la richesse crée.

Revendications :

  • Lutter contre les effets pervers du capitalise, du libéralisme et de la globalisation.
  • Mettre en place les moyens de régler le phénomène de mondialisation et construire des règles plus justes permettant à tous de profiter de ce phénomène de mondialisation.

Ces revendications ne s'inscrivent pas uniquement dans une démarche économique masi également dans une démarche sociale ( lutte contre la pauvreté et le chômage), dans une démarche politique (influencer les règles du commerce international dans le cadre de l'OMC) et préoccupations environnementales ( lutte contre les OMG ).

L'association emblématique du mouvement altermondialiste se nomme ATTAC ( Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne). Cependant, ce mouvement est de plus et en plus contesté par d'autres mouvements altermondialistes car on reproche à ATTAC de s'être institutionnalisé, de participer d'avantage à des négociations qu'à des actions de terrains.

Transition : Ce mouvement s'inscrit dans les nouveaux mouvements sociaux (N.M.S) car l'enjeu des mobilisations collectives ne portent pas seulement sur des conflits liés au monde du travail mais ils cherchent à promouvoir de nouvelles manière de produire, de consommer et de vivre en collectivité. Les luttes féministes s'inscrivent dans une même problématique.

  • b) Les mouvements féministes

Le féminisme = Mouvement prônant l'égalité économique, sociale, politique et domestique entre les hommes et les femmes.

Les mouvements féministes sont nés dans les années 1970. Les revendications sont portées sur une dénonciation des rapports de pouvoir entre H/F. Ils revendiquent la liberté des femmes de disposer d'elles même et avant tout de leur corps. Ces revendications ont évolué dans le temps. A l'heure actuelle, les revendications portent sur l'égalité des salaires, l'égalité sur la représentation politique et sur la dénonciation de la violence faite aux femmes ("Ni putes, ni soumises" )

Le combat féministe, comme le mouvement altermondialiste, dépasse la sphère du monde du travail. Il s'agit d'un véritable N.M.S dans la mesure où il concerne la sphère économique mais aussi la sphère sociale et politique. On peut désormais se demander si ces N.M.S comme les conflits du travail sont porteurs de changement social ?

  • 2) Des N.M.S porteurs d'un projet de changement social

Il faut distinguer l'action collective du mouvement social : L'action collective se définit comme la mobilisation des membres d'un groupe social pour la défense d'une cause commune. Le sociologue A.Touraine a définit la notion de mouvement social. En effet, un mouvement social doit répondre à 3 conditions :

  • Le principe d'identité : Le groupe doit être organisé et mobilisé
  • Le principe d'opposition : L'ennemi doit être clairement identifié
  • Le principe de totalité : Les revendications doivent être synonymes de changement social

Le mouvement ouvrier se définit comme un véritable mouvement social, ainsi que les mouvements altermondialistes et féministes. A.Touraine nous explique que le passage de la société industrielle à la société post-industrielle a modifié la nature des mouvements sociaux. Les N.M.S portent sur des valeurs qui ne sont plus forcement liées à la seule sphère économique. Ils sont cpdt, synonymes de changement social.

Le phénomène Nimby qui signifie "Not in my backyard" est une action collective qui dénonce une action publique (aéroport, installation d'une centrale nucléaire, d'héoliennes...) sur le seul motif qu'elle est près de certains riverains. Ce phénomène ne peut pas être qualifié de mouvement social car il n'est pas porteur de changement social. Il est tout simplement la traduction d'une société de + en + individualisme.

  • B - De nouveaux acteurs et de nouveaux moyens d'actions
  • 1 ) les nouveaux acteurs des conflits sociaux

Les conflits sociaux liés au monde du travail permettaient de mobiliser des acteurs sociaux regroupés dans un militantif d'association c-à-d dans des collectifs sociaux institutionnalisés et facilement repérables : les syndicats. Ces collectifs avaient pour mission d'organiser les actions collectives et de chercher à négocier avec les représentants du patronat et/ou de l'état. Le syndicalisme étant en déclin, quels sont les nouveaux acteurs des conflits sociaux ?

Les coordinations = C'est une structure unitaire sans distinction syndicale qui préviligie a démocratie directe (éléction des représentants à la majorité qualifiée). Les revendications portent sur un point précis et ces structures n'ont pas pour vocation de s'inscrire dans la durée. Ex : les coordination d'infirmières; les coordinat° des salariés de Moulinex... La différence entre une coordination et un syndicat, c'est que la coordination n'a pas pour vocation de s'inscrire dans le temps ni de s'institutionnaliser car leur action est ciblée sur un aspect particulier du métier et ne cherche pas à modifier la répartition de la V.A.

Le militantisme par adhésion à des associations : Ces actions sont individuelles voire individualistes car elles cherchent à associer profit personnel et revendication social. Ex 1 : Le réseau des AMAP permet aux différents adhérents de concilier valeurs écologiques, cito yennes et politiques ( contourner les réseaux de gds distribution) AMAP = Association pour le maintien d'une agriculture paysanne. Ex 2 : Greenpeace est une association qui tente de lutter contre les effets environnementaux d'une production et d'une consommation industrielle. Cette association propose par un système d'adhésion des actions collectives comme par exemple des signatures de pétition en ligne.

Synthèse : Ces nouveaux acteurs des conflits sociaux présentent les points communs suivants : des actions + temporaires, des regroupements de taille moins importante mais plus ciblés sur un lieu et /ou une profession, des moyens d'action diversifiés.

  • 2 ) Des moyens d'action plus diversifiés